À l’occasion de la 12 ème édition du Festival Panafricain de Musique (FESPAM), la Côte d’Ivoire a posé un acte fort en faveur de la valorisation du patrimoine culturel africain.
Ce lundi 21 juillet 2025, lors d’une cérémonie sobre organisée dans le cadre de l’exposition des instruments de musique traditionnelle, Hien Sié, Directeur de cabinet adjoint et chef de la délégation, a remis, au de Françoise Remarck, Ministre de la Culture et de la Francophonie, un N'goni, instrument à cordes emblématique de la communauté malinké, à Marie-France Lydie Hélène Pongault, Ministre de l’Industrie Culturelle, Touristique, Artistique et des Loisirs du Congo Brazzaville.
Selon les explications fournies par le Ministère de la Culture et de la Francophonie, ce don s’inscrit dans le cadre de l’enrichissement du Musée Panafricain, initiative phare du FESPAM visant à sauvegarder et valoriser les instruments traditionnels du continent. D'autres pays, tels que le Sénégal, la Mauritanie, le Rwanda et la République Démocratique du Congo, ont également contribué à cette action de mémoire en offrant des instruments représentatifs de leurs cultures respectives. La journée s’est achevée en beauté avec une prestation musicale de Serge Beynaud à Kintélé. L’artiste a gratifié le public venu nombreux d’un spectacle XXL, revisitant avec énergie et brio son riche répertoire, dans une ambiance survoltée qui a conquis le cœur des festivaliers.
A noter que le Festival Panafricain de Musique est une grande manifestation culturelle et scientifique biennale dédiée à la célébration et à la promotion de la richesse musicale de l’Afrique et de sa diaspora. Cet événement prestigieux, qui attire des participants du monde entier, met en lumière la diversité et l’originalité des expressions musicales africaines, en valorisant leur triple dimension : traditionnelle, moderne et contemporaine. Sur le plan traditionnel, l'événement honore les racines profondes des musiques africaines en faisant découvrir au public les rythmes, les chants, et les danses ancestrales propres à chaque région du continent. Il s’agit d’une plongée dans l’histoire, où les savoirs musicaux, transmis de génération en génération, continuent de jouer un rôle central dans la préservation des cultures locales.
Créé en 1996, date de sa première édition, le FESPAM contribue à assurer le rayonnement musical de l’Afrique et participe à l’intégration africaine par le brassage des peuples et de leurs cultures à travers la musique tout en assurant la préservation et la promotion de l’identité africaine. Il est organisé par le gouvernement de la République du Congo, sous l’égide de l’Union Africaine (UA), en partenariat avec les organisations et/ou organismes ci-après : UNESCO, CIM, CICIBA, EPA, AFRICOM… Dans cette optique, à chaque édition du FESPAM, les professionnels africains de la filière musique, les universitaires, les chercheurs, les musicologues, les muséologues, les ethnologues, les médias, les partenaires, les sponsors, les bailleurs de fonds, et les populations africaines se retrouvent tous les deux ans, à Brazzaville, dans le cadre d’une grande manifestation culturelle.
A cette occasion, plusieurs activités sont organisées, à savoir : des spectacles musicaux, le symposium, le Marché de la musique africaine (MUSAF), l’exposition des instruments traditionnels de musique. La douzième édition, qui a vu la participation active de la Côte d'Ivoire, s'est tenue du 19 au 26 juillet 2025 sur le thème : « Musique et enjeux économiques en Afrique à l’ère du numérique ». Rappelons enfin que le N'goni est un instrument de musique traditionnel d'Afrique de l'Ouest, plus précisément de la région mandingue (Mali, Guinée, Burkina Faso, Côte d'Ivoire). Il s'agit d'une famille d'instruments à cordes pincées, comprenant des luths et des harpes-luths, cousins de la kora. On distingue principalement le donso n'goni (des chasseurs) et le kamélé n'goni (des jeunes).

