La Côte d’Ivoire a procédé au lancement officiel, le 22 septembre, de la plateforme « e-cadastre minier Côte d’Ivoire ». Désormais, les compagnies minières opérant dans le pays peuvent soumettre et suivre en ligne leurs demandes de titres, une avancée qui place Abidjan dans la dynamique continentale de digitalisation des cadastres miniers, déjà amorcée par plusieurs États africains tels que la RDC, le Botswana, le Togo, la Zambie, le Sénégal et plus récemment le Tchad.
Selon les responsables, cette initiative s’inscrit dans une volonté de transparence et d’efficacité accrue dans la gestion des ressources extractives. Comme d’autres pays africains, la Côte d’Ivoire a fait appel à l’expertise de Spatial Dimension, une société sud-africaine dont la solution Landfolio est désormais une référence en matière de gestion numérique des titres miniers sur le continent. Ce portail permet d’assurer un traitement dématérialisé de l’ensemble de la chaîne de délivrance des permis et autorisations, de la demande initiale jusqu’au suivi des opérations.
Afin de garantir l’efficacité du dispositif, plus de 200 agents de l’administration minière ont déjà été formés à son utilisation. Pour le ministre des Mines, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, cette réforme représente un outil stratégique destiné à faire de la Côte d’Ivoire « la référence en Afrique en matière de gestion responsable des ressources extractives » au cours de la prochaine décennie. De son côté, le gouvernement a souligné que ce projet contribue à « renforcer l’attractivité minière de la Côte d’Ivoire, à assurer une conformité accrue avec les exigences de l’Initiative Internationale pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE) et à améliorer la rapidité des opérations administratives liées au secteur ».
Au-delà de l’efficacité administrative, la numérisation des cadastres miniers répond également à des enjeux économiques et stratégiques. En rendant l’information plus accessible, elle rassure les investisseurs et réduit les risques liés aux lenteurs bureaucratiques, aux chevauchements de titres ou encore aux conflits d’intérêts. Elle permet aussi à l’État d’avoir une meilleure visibilité sur les activités minières et, par conséquent, de mieux sécuriser ses recettes fiscales. Cette réforme s’inscrit dans une tendance continentale plus large. Plusieurs pays africains ne se limitent plus à la dématérialisation du cadastre, mais engagent également des efforts pour valoriser et mettre à disposition leurs données géologiques.
Notons à titre d'exemple que la République Démocratique du Congo (RDC) a signé en juillet 2025 un accord avec la société KoBold Metals afin de développer un système numérique de gestion et de valorisation de ses données géologiques. La Zambie, pour sa part, a inauguré mi-septembre 2025 son premier Geological Survey Department Digital Store, une plateforme rassemblant plusieurs décennies de publications et de jeux de données géologiques désormais accessibles en ligne dans un format sécurisé. En s’inscrivant dans cette dynamique, la Côte d’Ivoire affiche son ambition de devenir un acteur incontournable du secteur extractif africain en cherchant à allier attractivité pour les investisseurs, transparence pour la société civile et efficacité pour l’administration.

