Le paysage du paiement numérique en Afrique de l’Ouest vient de franchir une nouvelle étape réglementaire. Deux acteurs majeurs du secteur, FeexPay et Cinetpay, ont annoncé début septembre 2025 avoir obtenu leur agrément d’établissement de paiement (EDP) délivré par la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO).


Le paysage du paiement numérique en Afrique de l’Ouest vient de franchir une nouvelle étape réglementaire. Deux acteurs majeurs du secteur, FeexPay et Cinetpay, ont annoncé début septembre 2025 avoir obtenu leur agrément d’établissement de paiement (EDP) délivré par la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO). 


Selon les explications fournies, cette reconnaissance marque un tournant pour ces fintechs, mais également pour l’ensemble de l’écosystème régional en pleine structuration. La décision s’inscrit dans le cadre de la politique de la BCEAO visant à encadrer et réguler les services de paiement numérique dans l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA). L’institution a fixé au 31 août 2025 la date butoir pour que toutes les fintechs opérant dans la zone obtiennent leur agrément. Ce dispositif, déjà reporté à plusieurs reprises, a pour objectif de renforcer la fiabilité du système financier, d’améliorer la sécurité des transactions et de protéger les consommateurs.


Créée en mai 2023, la fintech FeexPay s’est rapidement imposée comme un agrégateur de paiement mobile incontournable. Présente dans six pays – le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Togo, le Sénégal, le Burkina Faso et le Congo – l’entreprise propose des services de transfert d’argent et de paiement digital accessibles aussi bien aux particuliers qu’aux entreprises. Pour Jean-Hugues Houinsou, directeur général de FeexPay, l’obtention de l’agrément constitue l’aboutissement de longs mois de travail : « Ce statut vient valider notre modèle et nous permet d’opérer en toute légalité dans l’espace UMOA », a-t-il souligné. L’entreprise ambitionne désormais de renforcer sa position dans les transactions transfrontalières et de bâtir une véritable plateforme de paiement panafricaine.


De son côté, Cinetpay Africa SA, fintech ivoirienne fondée il y a près d’une décennie, consolide sa place de leader régional. Déjà implantée dans plus de dix pays francophones, elle revendique plus de six millions de transactions mensuelles. Grâce à son agrément d’EDP, annoncé le 1er septembre, l’entreprise pourra offrir à ses clients et partenaires une sécurité accrue et une conformité renforcée vis-à-vis des standards réglementaires de la BCEAO. Cette avancée conforte Cinetpay dans son rôle d’acteur de référence en Côte d’Ivoire et au-delà. Pour ses dirigeants, l’agrément constitue une étape décisive dans la poursuite de son développement, notamment en matière de diversification de services et d’expansion géographique.


Pour la BCEAO, ces agréments délivrés traduisent sa volonté d’accompagner l’essor du secteur fintech tout en assurant une régulation stricte. En obligeant les opérateurs à se mettre en conformité, la Banque centrale entend réduire les risques liés aux transactions numériques, renforcer la transparence et améliorer la confiance des usagers. L’Afrique de l’Ouest connaît en effet une croissance notable de l’adoption des paiements digitaux, portée par la pénétration du mobile et la demande croissante de solutions financières accessibles. FeexPay et Cinetpay symbolisent cette dynamique, mais leur mise en conformité illustre également les défis auxquels font face les fintechs : répondre aux exigences réglementaires tout en poursuivant leur expansion.