Les pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) s’apprêtent à mobiliser 1 300 milliards de FCFA, soit environ 2,3 milliards de dollars, sur le marché régional des titres publics entre septembre et novembre 2025. Cette opération vise à répondre aux besoins de financement à court, moyen et long termes des huit États membres de l’Union, dont la Côte d'Ivoire.
Selon le calendrier provisoire publié par UMOA-Titres, l’agence régionale chargée de la gestion et de la promotion des titres publics, ce volume prévisionnel sera levé à travers deux principaux instruments : les bons du Trésor, à hauteur de 515 milliards FCFA, et les obligations du Trésor, représentant 785 milliards FCFA. La diversité des maturités, allant de quelques mois à 7 ans, offre aux Trésors publics une flexibilité accrue et permet aux investisseurs de choisir les placements les plus adaptés à leurs attentes. La répartition des émissions est déjà fixée : 520 milliards FCFA en septembre, 460 milliards en octobre et 320 milliards en novembre. Au total, près de vingt-cinq adjudications sont prévues sur cette période, confirmant l’intensité de l’activité sur le marché financier régional.
Le calendrier révèle une mobilisation particulièrement importante de la Côte d’Ivoire, qui prévoit à elle seule près de 240 milliards FCFA d’émissions. Le pays confirme ainsi son rôle de principal animateur du marché régional. Le Sénégal suit de près avec 190 milliards FCFA, traduisant sa volonté de consolider ses sources de financement externes. Le Burkina Faso et le Mali ne sont pas en reste, avec respectivement 180 et 170 milliards FCFA programmés. Quant au Bénin et à la Guinée-Bissau, leurs émissions prévues sont plus modestes, mais elles s’inscrivent dans une dynamique régulière de recours au marché pour accompagner leurs besoins de financement. Cette répartition illustre la diversité des stratégies nationales, chaque État adaptant ses émissions à sa situation budgétaire et à ses priorités de développement.
Les montants mobilisés permettront aux États de répondre à plusieurs impératifs. D’une part, ils serviront à couvrir les déficits budgétaires, un enjeu majeur dans un contexte de pressions financières liées aux investissements publics et aux défis sécuritaires. D’autre part, ils contribueront au financement de projets structurants dans différents secteurs, qu’il s’agisse d’infrastructures, de développement agricole, d’éducation ou encore de santé. Cette stratégie de financement par le marché régional reflète également la volonté de l’UEMOA de renforcer l’intégration économique et la solidarité entre ses membres. Elle permet aux États d’accéder à des ressources à des conditions relativement compétitives, tout en consolidant la profondeur et la liquidité du marché obligataire régional.
Si les 1 300 milliards FCFA à lever au dernier trimestre représentent un volume inférieur aux 2 600 milliards tentés au deuxième trimestre 2025, ils s’inscrivent dans un objectif annuel ambitieux. En effet, les pays de l’UEMOA visent pour l’ensemble de l’année une mobilisation de 10 700 milliards FCFA, un niveau en nette progression par rapport aux 8 127 milliards enregistrés en 2024. "Cette hausse illustre à la fois les besoins croissants de financement des États et la confiance dans le marché régional des titres publics. Elle confirme aussi le rôle central d’UMOA-Titres comme catalyseur de la stratégie de financement des économies ouest-africaines", a-t-on expliqué.

