Le gouvernement ivoirien affirme avoir franchi une étape décisive dans sa stratégie de transformation économique avec le lancement de la Politique intégrée des ressources minérales et de l’énergie (PIRME). Cette approche qualifiée d'ambitieuse réunit, pour la première fois, les secteurs des mines, des hydrocarbures et de l’énergie dans un cadre unique.
Selon les explications fournies, l’objectif est de renforcer la diversification de l’économie et réduire la dépendance historique du pays à l’agriculture. Malgré sa position de première économie de l’UEMOA, représentant à elle seule 40 % du PIB de l’union et 42 % des exportations, la Côte d’Ivoire demeure vulnérable aux fluctuations des cours du cacao, de l’anacarde et d’autres matières premières agricoles. En 2022, les mines et l’énergie ne contribuaient qu’à 7 % du PIB national. À travers la PIRME, le gouvernement ambitionne de porter cette contribution à 14 % d’ici 2040, doublant ainsi le poids du secteur extractif et énergétique dans l’économie.
La PIRME propose une approche intégrée couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur, de la prospection à la transformation locale. Elle prévoit une augmentation progressive de la production minière et pétrolière, mais surtout un renforcement de la transformation sur le territoire national afin de créer davantage de valeur ajoutée localement. La stratégie vise également à dynamiser les chaînes de valeur locales, attirer de nouvelles industries et favoriser une plus grande implication des acteurs nationaux. Dans un pays où 37,5 % de la population vivait encore sous le seuil de pauvreté en 2021, cette politique a vocation à stimuler la création d’emplois, améliorer la redistribution des revenus issus des ressources naturelles et renforcer la gouvernance du secteur.
L’un des piliers majeurs de la PIRME concerne l’énergie. La Côte d’Ivoire entend s’appuyer sur une offre énergétique plus fiable, plus accessible et plus propre pour accélérer son industrialisation. La politique fixe ainsi l’objectif d’intégrer 45 % d’énergies renouvelables dans le mix énergétique national et de réduire de 38 % les émissions du secteur énergétique. Cette transformation vise non seulement à accompagner la croissance des activités extractives, grandes consommatrices d’énergie, mais aussi à renforcer la compétitivité de l’économie, à réduire les déséquilibres territoriaux et à favoriser l’essor de nouvelles zones industrielles en dehors du Grand Abidjan.
La mise en œuvre de la PIRME nécessitera un financement total de 38 000 milliards FCFA sur 15 ans, soit environ 67,5 milliards USD. La répartition annoncée consacre 41 % des ressources au secteur de l’énergie, 30 % aux mines et 29 % aux hydrocarbures. Cette ambition repose donc sur la capacité du pays à mobiliser d’importants investissements. Le Plan national de développement (PND) 2021-2025 prévoyait déjà 59 milliards d’euros d’investissements, dont les trois quarts provenant du secteur privé. À fin 2024, 45,5 milliards d’euros avaient déjà été engagés, traduisant un taux d’exécution de 77,1 %. Cette performance est vue par le gouvernement comme la confirmation de l’attractivité de la Côte d’Ivoire pour les investisseurs internationaux.

