La filière ivoirienne de la noix de cajou a connu une année 2025 exceptionnelle. Les recettes d’exportation issues des amandes de cajou transformées ont atteint les 350 milliards de FCFA, soit environ 623 millions de dollars. Ce niveau représenterait une hausse spectaculaire de 67 % par rapport au résultat précédent, estimé à 209 milliards de FCFA.


La filière ivoirienne de la noix de cajou a connu une année 2025 exceptionnelle. Les recettes d’exportation issues des amandes de cajou transformées ont atteint les 350 milliards de FCFA, soit environ 623 millions de dollars. Ce niveau représenterait une hausse spectaculaire de 67 % par rapport au résultat précédent, estimé à 209 milliards de FCFA.


Cette progression marque un tournant pour la première économie de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Longtemps dominée par l’exportation de noix brutes, la filière ivoirienne récolte désormais les fruits de sa stratégie de transformation locale, pilier central de la politique agricole et industrielle du pays. Le principal moteur de cette performance réside dans l’augmentation rapide des volumes transformés. En 2025, les industriels ont traité 659 579 tonnes de noix de cajou, contre 344 028 tonnes en 2024, soit une croissance de 91,7 % en un an. Cette dynamique traduit l’accélération des investissements dans les unités de transformation, soutenus par des mesures incitatives mises en place par les autorités, incluant des avantages fiscaux et non fiscaux.


La Côte d’Ivoire dispose aujourd’hui de 37 unités de transformation opérationnelles, pour une capacité installée totale estimée à 830 000 tonnes. Ce chiffre illustre l’évolution rapide du secteur : en 2015, le pays comptait moins de dix unités industrielles dédiées à la transformation de la noix de cajou. Les investissements, portés à la fois par des acteurs locaux et des groupes étrangers, ont profondément modifié la structure de la filière.


Les ambitions du pays vont encore plus loin. L'objectif est de transformer 50 % de la production nationale d’ici 2030. Dans cette perspective, une dizaine de nouveaux projets industriels devraient voir le jour dans les prochaines années, ajoutant environ 200 000 tonnes de capacité supplémentaire. Ces projets devraient contribuer à renforcer la valeur ajoutée locale, à créer des emplois et à réduire la dépendance aux exportations de produits bruts. La Côte d’Ivoire confirme sa position de leader mondial. En 2025, la récolte de noix de cajou brutes est estimée à 1,5 million de tonnes, contre 944 673 tonnes en 2024 et 1,2 million de tonnes en 2023, selon les données du CCA. Cette hausse soutenue de la production alimente directement la montée en puissance de la transformation locale.


Grâce à ces performances, le pays s’impose désormais comme le deuxième exportateur mondial d’amandes de cajou, derrière le Vietnam. Cette évolution renforce la place stratégique de la Côte d’Ivoire dans les chaînes de valeur agricoles mondiales et illustre la réussite progressive de sa politique d’industrialisation agricole. Le pays démontre qu’une meilleure transformation locale des matières premières peut constituer un levier puissant de croissance, de diversification économique et de création de richesse durable.