En trois ans, la Côte d’Ivoire a réduit son déficit budgétaire de 2,8 points de pourcentage, passant de 6,8% du produit intérieur brut (PIB) en 2022 à 4% en 2024, selon un rapport de la Banque mondiale. Avec l’accroissement des recettes budgétaires et le renforcement de l’administration fiscale, le pays a pu le ramener à 3% en 2025.
Cette performance a été rendue possible grâce à un accroissement des recettes budgétaires et une hausse modérée des dépenses sur la période étudiée. En effet, en 2022, le gouvernement ivoirien a dépassé ses objectifs en matière de mobilisation de recettes, avec un taux d’exécution de 104,3% soit 10 395 milliards FCFA (18,33 milliards $) . L’année suivante, cette dynamique s’est poursuivie, avec une mobilisation de 11 016 milliards FCFA traduisant un taux d’exécution légèrement en recul, à 99%. 2024 a également été fructueuse, maintenant la tendance à la hausse avec 14 136 milliards FCFA collectés, correspondant à un taux de réalisation de 101,4%, selon le ministère du Budget.
Quant aux dépenses, en 2022, elles ont été exécutées à hauteur de 10 337 milliards FCFA contre une prévision de 9934 milliards. L’année suivante, le pays a enregistré un taux d'exécution des dépenses de 98,8%, soit plus de 11 347 milliards. Pour 2024, elles se sont établies à 13 756 milliards FCFA. « La poursuite de l’amélioration du recouvrement des recettes fiscales et la maîtrise continue des charges de fonctionnement devraient permettre de dégager l’espace budgétaire nécessaire au financement des investissements publics et des dépenses sociales », indique le ministère de l’Economie.
Le ministère en charge du Budget et du portefeuille de l’Etat n'a cessé de souligné ces dernières années que l'heure est à la consolidation de l’efficacité du recouvrement des recettes intérieures, la poursuite de la maîtrise des charges de fonctionnement et le maintien de la soutenabilité de l’endettement public. Le but étant de renforcer les marges de manœuvre budgétaires pour la mise en œuvre de la politique d’investissement dans les secteurs moteurs de la croissance et l’accroissement des dépenses de lutte contre la pauvreté et les disparités sociales.
Sur la période étudiée, les dépenses ont été principalement orientées vers les investissements, suivis des dépenses de personnel, des charges financières de la dette publique, des achats de biens et services, et des transferts. Le budget a également ciblé les secteurs de la santé, des logements sociaux, des transports, de l’approvisionnement en eau potable et du développement des infrastructures énergétiques. Bien que le pays ait connu une amélioration de son déficit budgétaire durant la période étudiée, il est resté au-dessus du seuil communautaire recommandé par l’UEMOA, en raison notamment d’une mobilisation insuffisante des ressources, de la guerre en Ukraine et une hausse des intérêts de la dette.

