Animant une conférence de presse le mardi 20 janvier 2026 à Abidjan, le ministre d’État, ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Kobenan Kouassi Adjoumani, a présenté la stratégie arrêtée par le gouvernement pour assurer une commercialisation optimale du cacao au titre de la campagne principale 2025-2026. Cette initiative vise à répondre aux difficultés observées dans l’enlèvement de la production et à garantir une meilleure fluidité du marché, au bénéfice des producteurs et de l’ensemble des acteurs de la filière.
Face à l’accumulation de stocks de cacao invendus dans certaines zones de production, le gouvernement a décidé de mettre en œuvre un ensemble de mesures structurantes. Selon le ministre d’État, trois actions majeures ont été arrêtées afin de faciliter l’enlèvement de la totalité de la production nationale. Il s’agit, en premier lieu, de l’inventaire exhaustif de tous les stocks de cacao invendus dans les zones de production, afin de disposer d’une cartographie précise des volumes concernés. La deuxième mesure porte sur la mise en place d’un dispositif spécial d’achat de ces stocks au prix garanti de 2 800 FCFA le kilogramme. Ce mécanisme vise à protéger les revenus des producteurs, à éviter la dégradation des fèves stockées trop longtemps au bord champ et à restaurer la confiance dans le système de commercialisation. Enfin, le gouvernement prévoit l’organisation de séances d’information et de sensibilisation à l’endroit de l’ensemble des acteurs de la filière cacao, afin d’assurer une bonne compréhension et une application effective des dispositions prises.
Le ministre d’État a tenu à rassurer les producteurs et les partenaires du secteur sur le caractère durable de cette initiative. « Ce mécanisme ne constitue pas une action ponctuelle », a-t-il précisé, soulignant qu’il s’inscrira tout au long de la campagne principale. L’objectif est de décongestionner durablement le bord champ, de rétablir la fluidité des achats et de permettre un déroulement normal de la campagne cacaoyère, dans un contexte marqué par une forte mobilisation des volumes. Selon toujours les explications fournies, ces dispositions visent également à rétablir rapidement la liquidité en zone de production, condition essentielle pour soutenir les économies locales et le monde rural. Elles permettront par ailleurs de sécuriser l’évacuation du cacao vers les usines de transformation et les ports d’exportation, tout en renforçant le rôle des acteurs nationaux dans la chaîne de valeur du cacao, pilier stratégique de l’économie ivoirienne.
Selon les services de l’État, environ 123 000 tonnes de cacao invendues ont été recensées dans les zones de production. La campagne principale 2025-2026 se déroule dans un contexte de forte affluence des volumes vers les circuits de collecte, de stockage, de transformation et d’exportation. Cette dynamique, combinée à certaines contraintes logistiques et portuaires, a occasionné par endroits des ralentissements temporaires dans l’enlèvement des produits. À travers cette stratégie, le gouvernement ivoirien veut montrer sa volonté de préserver les intérêts des producteurs, de garantir la stabilité du secteur cacao et de consolider la position de la Côte d’Ivoire comme premier producteur mondial, tout en assurant une gestion plus efficiente et résiliente de la filière.

