En l’espace de quatorze ans, la Côte d’Ivoire a profondément transformé son secteur agricole, faisant de celui-ci l’un des principaux moteurs de la croissance économique, de la stabilité sociale et de la création d’emplois. Et selon les reponsables publics, le processus de transformation se poursuit.


En l’espace de quatorze ans, la Côte d’Ivoire a profondément transformé son secteur agricole, faisant de celui-ci l’un des principaux moteurs de la croissance économique, de la stabilité sociale et de la création d’emplois. Et selon les reponsables publics, le processus de transformation se poursuit. 


Longtemps perçue comme un secteur vulnérable, dépendant des aléas climatiques et des fluctuations des marchés internationaux, l’agriculture ivoirienne s’impose aujourd’hui comme un pilier stratégique du développement national. Cette performance repose sur des réformes structurelles de tailles, une gouvernance modernisée et des investissements massifs orientés vers la productivité, la transformation locale et l’inclusion sociale. Depuis 2011, l’État ivoirien a en effet engagé une refonte en profondeur de la gouvernance du secteur agricole. La mise en place d’organes de régulation spécialisés, tels que le Conseil du Café-Cacao, le Conseil du Coton et de l’Anacarde, ainsi que le Conseil de l’Hévéa et du Palmier à Huile, a permis de structurer et de professionnaliser les principales filières de rente. Ces institutions ont contribué à une meilleure organisation des marchés, à la stabilisation des revenus et à une plus grande transparence dans la fixation des prix payés aux producteurs.


Parallèlement, deux Plans Nationaux d’Investissement Agricole (PNIA) ont fixé un cap clair au développement du secteur, en parfaite cohérence avec le Plan National de Développement (PND). Le Programme d’Urgence de Réhabilitation des Grandes Filières Agricoles (PURGA) et le mécanisme de financement à coûts partagés ont permis de soutenir plus de 1 000 projets privés, mobilisant un volume d’investissements supérieur à 128 milliards de FCFA. Ces dispositifs ont favorisé l’émergence d’un tissu d’entreprises agricoles plus dynamique et plus compétitif. Affirmant être consciente qu’aucun développement agricole durable ne peut se construire sans une sécurisation des droits fonciers, les autorités ont aussi fait du foncier rural une priorité nationale. La création de l’Agence Foncière Rurale (AFOR) en 2016 a marqué un tournant décisif dans la mise en œuvre de la loi foncière de 1998. Grâce à la digitalisation des procédures et à la simplification administrative, l’accès au certificat foncier est devenu plus rapide et plus transparent.


La Stratégie Nationale de Sécurisation Foncière Rurale (SNSFR) et le Programme National de Sécurisation Foncière Rurale (PNSFR) visent pour leur part une couverture intégrale du territoire d’ici 2030. Les ressources allouées à ce chantier sont passées de moins d’un milliard de FCFA en 2011 à près de 150 milliards en 2024. À ce jour, plus de 70 000 certificats fonciers ont été délivrés, couvrant environ 704 000 hectares, et plus de 5 000 villages ont été officiellement délimités, contribuant à la prévention des conflits et à la cohésion sociale. Les cultures de rente constituent l’un des piliers de la réussite agricole ivoirienne. Le cacao, véritable colonne vertébrale de l’économie nationale, a vu sa production passer de 1,51 million de tonnes en 2011 à 1,89 million en 2024, avec un record historique de 2,36 millions de tonnes en 2022. La transformation locale a fortement progressé, atteignant 754 218 tonnes en 2024, soit une hausse de 83 % par rapport à 2011. Cette dynamique s’est traduite par une amélioration substantielle des revenus des producteurs, avec un prix bord champ dépassant pour la première fois 1 800 FCFA le kilogramme en 2024, puis fixé à 2 800 FCFA pour la campagne 2025-2026.


Investissements dans les infrastructures rurales


L’anacarde connaît une trajectoire tout aussi remarquable. La production est passée de 400 000 tonnes en 2011 à 944 673 tonnes en 2024, avec un taux de transformation locale atteignant 36 %. Le coton a, quant à lui, doublé sa production, porté par la mécanisation agricole et la création de centres de services adaptés aux zones de culture. Dans les filières hévéa et palmier à huile, la production de caoutchouc naturel est passée de 239 000 tonnes à 1,69 million de tonnes entre 2011 et 2024, illustrant une croissance spectaculaire de plus de 600 %. Au-delà des cultures d’exportation, l’agriculture vivrière a enregistré des progrès significatifs. Entre 2011 et 2024, la production totale est passée de 11,5 millions à 23,6 millions de tonnes. Le riz a triplé sa production pour atteindre 1,55 million de tonnes, le maïs a progressé de 173 %, et le manioc dépasse désormais 8,4 millions de tonnes. Les cultures de banane plantain, d’igname et les productions maraîchères ont également connu une croissance soutenue, appuyée par le développement de périmètres irrigués et d’unités de transformation locales. Ces résultats traduisent la volonté des autorités d’atteindre la souveraineté alimentaire et de réduire durablement la dépendance aux importations.



L’anacarde connaît une trajectoire tout aussi remarquable. La production est passée de 400 000 tonnes en 2011 à 944 673 tonnes en 2024, avec un taux de transformation locale atteignant 36 %. Le coton a, quant à lui, doublé sa production, porté par la mécanisation agricole et la création de centres de services adaptés aux zones de culture.


Pour accompagner cette transformation, l’État a investi massivement dans les infrastructures rurales. Près de 30 000 kilomètres de pistes rurales ont été aménagés ou réhabilités, facilitant l’acheminement des produits vers les marchés. En outre, 397 magasins de stockage ont été construits et des milliers d’équipements logistiques distribués aux producteurs, contribuant à la réduction des pertes post-récolte. En parallèle, des forages, écoles, centres de santé et logements d’enseignants ont été réalisés dans les zones agricoles, améliorant sensiblement les conditions de vie en milieu rural. " De la réforme foncière à la transformation locale, en passant par la modernisation des filières et l’amélioration du bien-être des producteurs, la Côte d’Ivoire a posé les bases d’une agriculture performante, durable et inclusive. Forte de ces acquis, elle ambitionne désormais de faire de son agriculture un modèle africain de transformation économique et de prospérité partagée, au service des générations présentes et futures", a commenté pour sa part Robert Koffi, opérateur agricole qui soutient que le pays est devenu l'une des références continentales en matière de transformation du secteur primaire.