La dynamique économique de la Côte d’Ivoire continue de se refléter dans le secteur hôtelier. Portée par une croissance du PIB estimée autour de 6 % ces dernières années, le pays enregistre une augmentation des déplacements professionnels, une intensification des activités MICE (réunions, incentives, conférences et expositions) ainsi qu’un développement du tourisme de loisirs. C'est dans ce contexte que Radisson Hotel Group affiche des ambitions renforcées.
Le groupe hôtelier prévoit d’accroître de 50 % son portefeuille dans la région d’ici 2030. Sa stratégie cible en priorité six marchés : le Nigeria, le Ghana, la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Cameroun et la République démocratique du Congo. Le développement envisagé repose principalement sur les grandes métropoles, considérées comme des pôles structurants pour les flux d’affaires et de loisirs. En Côte d’Ivoire, Abidjan occupe une place centrale dans cette feuille de route. Le groupe y exploite déjà le Radisson Blu Hotel, Abidjan Airport, situé à proximité de l’aéroport international. Selon l’entreprise, l’établissement est aujourd’hui pleinement opérationnel et constitue une base pour de futures implantations dans d’autres quartiers stratégiques de la ville.
Erwan Garnier, Senior Director of Development pour la zone Afrique au sein de Radisson Hotel Group, indique que le groupe souhaite poursuivre son expansion afin de répondre à la diversité des besoins du marché local. L’objectif affiché est de déployer jusqu’à six marques dans la capitale économique ivoirienne. Parmi elles figure Radisson Collection, positionnée sur le segment du luxe lifestyle, que le groupe envisage d’introduire à Abidjan pour répondre à une demande identifiée sur le segment haut de gamme international. Parallèlement, l’entreprise prévoit de consolider la présence de Radisson Blu et de se développer sur les segments supérieur haut de gamme et premium lifestyle à travers Radisson et Radisson RED. Les quartiers du Plateau, centre administratif et des affaires, ainsi que Cocody, zone résidentielle et diplomatique, sont cités comme des localisations potentielles en raison de leur attractivité économique et institutionnelle.
Cette stratégie repose sur une segmentation jugée adaptée à l’évolution du marché ivoirien. Sur le segment haut de gamme, le groupe observe une progression de la demande internationale pour des établissements offrant des standards élevés et une dimension expérientielle. Sur le marché corporate plus large, il identifie également un potentiel pour des hôtels de moyenne gamme internationaux, misant sur la fiabilité, la compétitivité tarifaire et la flexibilité, dans un contexte où la fréquence des déplacements professionnels et la recherche de valeur influencent les décisions de réservation.
Au-delà d’Abidjan, d’autres villes ivoiriennes sont évoquées dans une perspective à plus long terme. San Pedro, pôle portuaire et industriel, et Yamoussoukro, capitale politique, sont présentées comme des opportunités pour des projets hôteliers orientés vers les segments affaires et supérieur haut de gamme. Sur le littoral, des destinations telles que Grand-Bassam et Assinie pourraient accueillir des établissements à vocation loisirs ou resorts, susceptibles de capter une clientèle de week-end et de compléter l’offre liée aux déplacements professionnels. L’évolution de ces projets dépendra toutefois des conditions de marché, de la stabilité économique et de la capacité à mobiliser des partenaires locaux. Pour l’heure, la Côte d’Ivoire apparaît comme un axe stratégique dans le dispositif régional de développement du groupe hôtelier.

