Des fiches de collecte de données destinées à améliorer la fiabilité des inventaires nationaux de gaz à effet de serre (GES) et le suivi des Contributions déterminées au niveau national (CDN 3.0) ont été élaborées et validées à l’issue d’un atelier organisé du 18 au 20 février à Grand-Bassam. Les travaux, qualifiés de stratégiques en matière de suivi climatique, ont réuni une quarantaine d’experts membres du groupe de travail Agriculture, Foresterie et autres Affectations des Terres (AFAT).
Cet atelier s’inscrit dans le cadre du projet « Transition Bas Carbone » (TBC), financé par Union européenne et mis en œuvre par Expertise France, en collaboration avec le ministère ivoirien en charge de l’Environnement. L’objectif affiché est de renforcer le système national de transparence climatique, conformément aux engagements internationaux du pays en matière de lutte contre le changement climatique. Les fiches validées visent à structurer et harmoniser la remontée des données dans les différents sous-secteurs de l’AFAT. Elles précisent les types d’informations à collecter, les sources à mobiliser et les modalités de transmission, afin d’assurer une meilleure traçabilité des données.
Selon les organisateurs, cette harmonisation doit contribuer à réduire les incertitudes méthodologiques et à garantir la cohérence des informations d’une année à l’autre. Représentant le ministre ivoirien des Ressources animales et halieutiques, Sidi Tiémoko Touré, le conseiller technique Kouadio N’Gandi a souligné l’importance stratégique du groupe AFAT dans le dispositif climatique national. Il a indiqué que ce secteur représenterait environ 80 % des engagements climatiques du pays, en raison de son poids dans les émissions et les absorptions de GES. À ce titre, l’amélioration de la qualité des données collectées est présentée comme un enjeu majeur pour la crédibilité internationale du pays et l’efficacité des politiques publiques.
Le secteur Agriculture, Foresterie et autres Affectations des Terres occupe en effet une place centrale dans l’économie nationale, notamment en matière de sécurité alimentaire et d’emplois ruraux. Il concentre une part importante des émissions nationales de GES, tout en constituant un levier significatif de séquestration carbone grâce aux forêts et aux pratiques agricoles adaptées. Cette double dimension en fait un pilier des stratégies de réduction des émissions et d’adaptation aux effets du changement climatique. Le coordonnateur national du projet TBC, Frédéric Zakpa, a insisté sur le rôle déterminant des données fiables dans la mise en place d’un système de transparence opérationnel. Selon lui, la disponibilité d’informations vérifiées et authentifiées conditionne la solidité des inventaires nationaux de GES ainsi que la capacité du pays à rendre compte de ses progrès.
De son côté, le chef de projet TBC, Guillaume Vermeulen, a précisé que les fiches élaborées sont alignées sur les exigences du cadre de transparence renforcé prévu par l’Accord de Paris. Elles doivent notamment appuyer la préparation du prochain Rapport biennal de transparence (BTR 2) et permettre de démontrer de manière objective les avancées réalisées au titre des CDN 3.0. À l’issue de l’atelier, les participants ont validé les outils proposés, marquant une étape technique dans le processus d’amélioration du dispositif national de suivi climatique. La mise en œuvre effective de ces fiches et leur appropriation par les différentes institutions concernées constitueront désormais un enjeu central pour consolider la gouvernance des données climatiques et soutenir les engagements environnementaux du pays.

