La monétisation des contenus numériques s’impose aujourd’hui comme un enjeu stratégique pour l’économie culturelle et créative ivoirienne. Conscients des mutations profondes induites par le numérique, les acteurs du secteur des contenus, en particulier ceux de l’industrie musicale, appellent à accélérer la mise en place de mécanismes efficaces permettant aux créateurs de tirer un revenu juste et durable de leur talent.
Les directeurs généraux d’Universal Music Africa, de Warner Music Africa Francophone et de Sony Music Afrique Francophone, ainsi que plusieurs acteurs locaux du secteur culturel, sont ainsi monté au créneau. Face à cette interpellation, le partenaire public a réaffirmé sa détermination à faire de la monétisation des contenus numériques une réalité à l’horizon 2026. Cette volonté a été exprimée par la ministre de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck, lors d’une séance de travail tenue le lundi 2 février 2026 au siège de la Haute Autorité de la Communication Audiovisuelle (HACA), dirigée par René Bourgoin. Cette rencontre a permis d’engager des échanges approfondis sur les pistes à explorer afin d’adapter le cadre réglementaire et économique aux réalités du numérique.
On sait en outre que les responsables ont souligné que l’objectif est clair : bâtir, dans les meilleurs délais, un système de monétisation efficace, transparent et équitable, capable de générer des revenus pour les créateurs ivoiriens à l’ère des plateformes numériques. Les acteurs du secteur des contenus culturels numériques ont pour leur part mis en lumière les insuffisances du mécanisme actuel, qui ne permet pas à de nombreux artistes, pourtant populaires et largement diffusés, de percevoir des revenus à la hauteur de leur succès. Cette situation, longtemps dénoncée par les professionnels du secteur, constitue une véritable injustice économique et sociale, freinant l’épanouissement de la création artistique nationale.
Au terme des échanges, la décision a été prise de mettre en place un groupe de travail multisectoriel. Celui-ci réunira les ministères en charge de la Culture, de la Communication, de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, ainsi que l’ensemble des parties prenantes concernées. Ce cadre de concertation vise à mener des réflexions structurées, inclusives et équilibrées, afin de renforcer la protection des droits des créateurs et d’assurer une meilleure répartition de la valeur générée par les contenus numériques. "En plaçant la culture et le numérique au cœur de ses priorités, la Côte d’Ivoire ambitionne de faire de son industrie créative un véritable levier de développement économique et social", a-t-on aussi fait savoir.
À l’horizon 2026, la réussite de cette réforme pourrait marquer un tournant décisif pour les industries culturelles et créatives, offrant enfin aux artistes les moyens de vivre dignement de leur créativité et de rayonner durablement sur la scène africaine et internationale. A savoir que le secteur numérique ivoirien connaît une forte dynamique, soutenue par des investissements de plus de 250 milliards FCFA en 2024, générant près de 2 965 emplois directs et des dizaines de milliers d’emplois indirects. En 2025, le marché de la musique numérique a atteint environ 2,43 millions USD de revenus, avec une croissance annuelle prévue de plus de 9 % jusqu’en 2030. Parallèlement, le marché plus large des TV et vidéo numérique pourrait générer près de 461 millions USD de revenus. Cette évolution traduit l’essor des plateformes digitales et la monétisation croissante des contenus culturels.

