Les récentes découvertes des champs pétroliers et gaziers de classe mondiale Baleine et Calao marquent une étape significative dans le développement du secteur énergétique en Côte d’Ivoire. Selon Essé Kouamé Bienvenu, directeur général des Hydrocarbures, ces projets pourraient générer plusieurs dizaines de milliers d’emplois directs et indirects d’ici 2030, tout en contribuant à transformer l’économie nationale.
D’après les estimations officielles, les réserves combinées de Baleine et Calao dépasseraient les 6 milliards de barils équivalent pétrole. Le champ Baleine représenterait à lui seul plus de 2,5 milliards de barils de pétrole et plus de 3 000 milliards de pieds cubes de gaz naturel, tandis que Calao contiendrait environ 5 000 milliards de pieds cubes de gaz et près de 450 millions de barils de condensat. Ces volumes placent ces découvertes parmi les plus importantes jamais réalisées dans le pays. Pour les autorités, ces ressources constituent un levier stratégique pour soutenir la croissance économique. Le secteur énergétique joue déjà un rôle central, avec environ 70 % de la production d’électricité reposant sur le gaz naturel.
L’augmentation des capacités de production pourrait ainsi répondre à une demande intérieure en hausse, tout en ouvrant des perspectives d’exportation vers les pays voisins. L’impact attendu sur les finances publiques est également significatif. Le gouvernement ambitionne de porter la contribution du secteur des hydrocarbures à environ 14 % du produit intérieur brut d’ici 2030, soit un doublement par rapport aux niveaux actuels. Dans ce cadre, la part de production revenant à l’État est estimée à un minimum de 52,5 %, avec une progression liée à l’augmentation des volumes extraits. Les revenus générés devraient alimenter les ressources fiscales, les royalties et les recettes en devises.
Au-delà des indicateurs macroéconomiques, les projets Baleine et Calao sont présentés comme un moteur potentiel d’industrialisation. L’accès à une énergie abondante et relativement stable pourrait favoriser le développement d’activités industrielles et renforcer la compétitivité du tissu économique local. Les autorités mettent également en avant les retombées en matière d’infrastructures, notamment dans les domaines de la santé, de l’éducation, de l’accès à l’eau et de l’électrification, en particulier dans les zones de production. La question de l’emploi constitue un autre enjeu majeur. Les projections évoquent la création de plusieurs dizaines de milliers de postes à l’échelle nationale. Toutefois, la concrétisation de ces perspectives dépendra en partie de la capacité à intégrer les entreprises locales dans la chaîne de valeur.
À cet effet, une loi sur le contenu local adoptée en 2022 vise à accroître la participation des acteurs ivoiriens dans les activités pétrolières et gazières, notamment à travers des mécanismes d’appels d’offres et de renforcement des capacités. Sur le plan régional, la Côte d’Ivoire ambitionne de consolider sa position parmi les principaux producteurs d’Afrique de l’Ouest. L’objectif affiché est d’atteindre une production de 200 000 barils par jour d’ici 2030, ce qui placerait le pays derrière le Nigeria en termes de volume, mais à un niveau significatif à l’échelle sous-régionale. Enfin, les autorités envisagent un rôle accru du pays comme hub énergétique régional. Grâce à ses capacités de production et à ses infrastructures, la Côte d’Ivoire pourrait renforcer ses exportations de produits pétroliers et d’électricité vers les pays voisins. Néanmoins, certains facteurs externes, tels que la volatilité des prix internationaux, continueront d’influencer les retombées économiques effectives de ces projets.

