La Bourse régionale des valeurs mobilières a accueilli dernièrement une nouvelle opération financière marquante avec la première cotation des obligations du Fonds commun de titrisation de créances (FCTC) « Keur Samba 7 % 2025–2030 ». Cette double cérémonie consacre l’entrée sur le marché régional de titres portés conjointement par NSIA Banque CI et Orabank CI, désormais accessibles à la négociation pour les investisseurs.


La Bourse régionale des valeurs mobilières a accueilli dernièrement une nouvelle opération financière marquante avec la première cotation des obligations du Fonds commun de titrisation de créances (FCTC) « Keur Samba 7 % 2025–2030 ». Cette double cérémonie consacre l’entrée sur le marché régional de titres portés conjointement par NSIA Banque CI et Orabank CI, désormais accessibles à la négociation pour les investisseurs.


Cette opération, structurée par BOAD Titrisation, représente un montant global de 52 milliards de francs CFA, soit environ 92,9 millions de dollars. Elle s’inscrit sous le slogan « une finance engagée au service des PME », mettant en avant une volonté de renforcer le financement des petites et moyennes entreprises au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Les obligations émises offrent un taux d’intérêt de 7 % et sont accessibles à partir de 10 000 francs CFA, un seuil relativement bas qui vise à encourager la participation d’un large public et à promouvoir l’épargne populaire.


L’introduction en bourse de ces titres fait suite à un appel public à l’épargne lancé en mars 2025, qui a rencontré un accueil favorable. Les deux compartiments, « FCTC Keur Samba NSIA Banque CI 7 % 2025-2030 » et « FCTC Keur Samba Orabank 7 % 2025-2030 », ont permis de mobiliser un total de 12,65 milliards de francs CFA. Ce succès témoigne de l’intérêt croissant des investisseurs pour des instruments financiers alternatifs dans la région. Le mécanisme de titrisation au cœur de cette opération consiste à transformer des créances bancaires en titres négociables sur le marché financier. Ce procédé permet aux banques de transférer une partie de leurs actifs à un véhicule dédié, en l’occurrence le FCTC, et de récupérer des liquidités. 


Selon toujours les explications fournies, ces ressources peuvent ensuite être réinjectées dans l’économie, notamment sous forme de nouveaux crédits. Dans ce cas précis, l’objectif affiché est de soutenir davantage les PME et PMI, considérées comme un pilier essentiel de la croissance économique et de la création d’emplois. Pour les établissements bancaires impliqués, cette opération représente également un levier de gestion financière. En cédant des créances, ils peuvent améliorer la structure de leur bilan et diversifier leurs sources de financement. Du côté des investisseurs, ces obligations offrent une opportunité de placement avec un rendement fixe, tout en contribuant indirectement au financement du tissu économique local.


Lors de la cérémonie, Max Alphée Djecketh, représentant la direction générale de NSIA Banque CI, a souligné la portée symbolique de cette introduction en bourse. Selon lui, il ne s’agit pas seulement d’une opération financière, mais de la concrétisation d’une vision visant à mettre la finance au service du développement économique, en particulier celui des PME. Au-delà de cette opération, la cotation du FCTC « Keur Samba » illustre une tendance plus large à la diversification des instruments de financement dans l’UEMOA. Face aux besoins croissants des économies de la région, les acteurs financiers cherchent à développer des solutions innovantes pour mobiliser l’épargne et canaliser les ressources vers les secteurs productifs.


Toutefois, le succès à long terme de ce type d’initiative dépendra de plusieurs facteurs, notamment la capacité des marchés financiers à maintenir la confiance des investisseurs, la qualité des actifs sous-jacents et l’environnement économique global. Dans un contexte où les PME continuent de faire face à des difficultés d’accès au financement, ce type de mécanisme pourrait contribuer à élargir les possibilités, tout en posant de nouveaux défis en matière de régulation et de gestion des risques.