Bridge Bank Group Côte d’Ivoire prépare activement son introduction à la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM), selon des informations de marché publiées fin avril.


Bridge Bank Group Côte d’Ivoire prépare activement son introduction à la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM), selon des informations de marché publiées fin avril. Une opération qui, si elle se concrétise, marquerait une nouvelle étape dans le développement du groupe et dans la dynamique de la place financière régionale.


L’introduction en bourse, attendue en mai 2026 sous réserve du visa du Conseil régional de l’épargne publique et des marchés financiers (CREPMF), porterait sur 20 % du capital de la banque, pour un montant estimé à 67,5 milliards de FCFA (environ 120 millions de dollars). Le prix indicatif de l’action est fixé à 6 750 FCFA. Le calendrier prévisionnel prévoit une phase de manifestation d’intérêt du 4 au 15 mai, suivie d’une période de souscription du 20 au 29 mai. La première cotation pourrait intervenir le 31 août 2026. Si l’opération aboutit, Bridge Bank Côte d’Ivoire deviendrait la 48e société cotée à la BRVM, une place financière commune aux huit États de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Elle figurerait parmi les introductions les plus significatives de l’année, tant par son montant que par le positionnement de l’établissement dans le paysage bancaire régional.


Le recours au marché s’inscrit dans une logique de diversification des sources de financement. Pour les établissements bancaires, l’ouverture du capital permet de renforcer les fonds propres, d’améliorer la capacité de distribution de crédit et de soutenir les projets d’expansion. Dans le cas de Bridge Bank, cette opération intervient dans un contexte de performances financières solides. Au titre de l’exercice 2025, la banque a enregistré un résultat net de 27,2 milliards de FCFA, en progression de 19 % sur un an. Son produit net bancaire a atteint 68 milliards de FCFA, en hausse de 15 %, tandis que ses charges d’exploitation ont augmenté de 14 %. Le coefficient d’exploitation s’est établi à 41,8 %, traduisant une amélioration de l’efficacité opérationnelle. Ces indicateurs constituent des arguments clés pour attirer les investisseurs, dans un environnement où la sélectivité reste de mise.


L’opération boursière vise aussi à accompagner les ambitions régionales de Bridge Bank Group, maison mère de la filiale ivoirienne. Détenu majoritairement par Bridge Group West Africa, le groupe poursuit son expansion en Afrique de l’Ouest. Après son implantation en Côte d’Ivoire en 2006 et l’ouverture d’une succursale au Sénégal en 2021, il envisage une entrée sur le marché guinéen à partir de 2027 et poursuit ses démarches réglementaires au Burkina Faso. Cette stratégie s’inscrit dans un contexte de transformation progressive des marchés financiers régionaux. Selon Edoh Kossi Amenounve, la BRVM compte actuellement 47 sociétés cotées et ambitionne de renforcer son attractivité à travers de nouveaux instruments financiers, tels que les ETF, les produits dérivés ou encore les obligations durables. Malgré ces évolutions, la place régionale reste de taille modeste à l’échelle continentale, dans un environnement dominé par la Johannesburg Stock Exchange.


Dans ce contexte, l’introduction de Bridge Bank pourrait contribuer à dynamiser le marché, en offrant aux investisseurs une nouvelle valeur bancaire et en renforçant la profondeur du compartiment financier. Elle constitue également un test pour l’appétit du marché vis-à-vis des institutions financières régionales, dans un environnement marqué par des besoins croissants de financement des économies. "Bridge Bank cherche à conjuguer levée de capitaux, visibilité accrue et accélération de son développement. Reste à savoir si les conditions de marché permettront de confirmer le calendrier envisagé et de mobiliser pleinement les investisseurs autour de cette introduction attendue", a-t-on aussi fait savoir.