L’agriculture, pilier historique des économies ouest-africaines, est en pleine mutation. Cette transformation est portée par une nouvelle génération d’entrepreneurs technologiques qui mettent l’innovation au service des agriculteurs. C’est ce que révèle le MEST Africa AgriTech Report, publié par le Meltwater Entrepreneurial School of Technology (MEST Africa), un acteur clé de l’écosystème entrepreneurial africain.
Le rapport met en lumière les startups, technologies et tendances qui redéfinissent le secteur agricole sur le continent, et particulièrement en Afrique de l’Ouest. Produit dans le cadre de l’édition 2024 du MEST Africa Challenge (MAC), en partenariat avec l’Ambassade de Norvège à Accra, le rapport analyse comment les innovateurs locaux exploitent des solutions technologiques avancées telles que la téléphonie mobile, l’intelligence artificielle (IA), l’Internet des objets (IoT) et les systèmes alimentés par l’énergie solaire. Ces outils permettent de s’attaquer à des défis structurels majeurs, notamment les pertes post-récolte, les inefficacités des chaînes de valeur agricoles et le manque d’accès au financement pour les petits exploitants.
« L’agriculture a toujours été le pilier de l’économie ouest-africaine, mais nous assistons aujourd’hui à l’émergence d’un nouveau chapitre, porté par l’innovation, l’ingéniosité locale et la technologie », souligne Ashwin Ravichandran, Portfolio Advisor et Responsable du MAC chez MEST Africa. Selon lui, cette dynamique ouvre la voie à une agriculture plus résiliente et inclusive, à condition que les différents acteurs collaborent davantage. Le rapport s’appuie sur des données et des études de cas provenant de cinq marchés clés : le Ghana, le Nigeria, la Côte d’Ivoire, le Sénégal et le Bénin. Il met en avant plus de 40 startups AgriTech générant un impact mesurable sur le terrain. Parmi elles figure SAYeTECH, startup ghanéenne et lauréate du MEST Africa Challenge 2024, qui développe des équipements de mécanisation conçus pour répondre aux réalités locales des agriculteurs.
Autre exemple marquant, ColdHubs au Nigeria, dont les chambres froides solaires ont permis d’éviter le gaspillage de plus de 40 000 tonnes de produits agricoles, améliorant ainsi les revenus des producteurs et l’accès à des denrées de qualité. Malgré ce potentiel, le rapport souligne un paradoxe : l’AgriTech ne capte encore qu’environ 4 % du capital-risque investi en Afrique. Pourtant, des organisations comme MEST Africa, le Kosmos Innovation Center (KIC) ou encore CcHUB jouent un rôle crucial en soutenant les talents, en offrant des programmes d’accompagnement et en fournissant des financements d’amorçage. Ce faible niveau d’investissement révèle surtout d’importantes opportunités pour les investisseurs désireux de soutenir des solutions capables de renforcer la sécurité alimentaire et de stimuler une croissance inclusive.
« Notre objectif n’est pas seulement de mettre en avant l’innovation, mais aussi de catalyser la collaboration », conclut Ashwin Ravichandran. En investissant dans les données, les infrastructures et le capital humain, l’écosystème AgriTech africain peut se développer durablement et faire en sorte que la technologie serve avant tout l’agriculteur. Depuis sa création en 2008, MEST Africa a formé et accompagné plus de 2 000 entrepreneurs et investi dans plus de 90 startups, confirmant son rôle de tremplin majeur pour l’innovation technologique sur le continent.

