La Côte d’Ivoire renforce son soutien à l’innovation technologique et à l’entrepreneuriat numérique. L’article 35 de la Loi de finances 2026, promulguée le 19 décembre 2025, introduit un régime fiscal spécifique destiné aux startups numériques labellisées.


La Côte d’Ivoire renforce son soutien à l’innovation technologique et à l’entrepreneuriat numérique. L’article 35 de la Loi de finances 2026, promulguée le 19 décembre 2025, introduit un régime fiscal spécifique destiné aux startups numériques labellisées. Cette mesure vise à créer un environnement plus favorable à la croissance des jeunes entreprises innovantes, en réduisant les contraintes fiscales et financières qui freinent souvent leur développement. 


La Confédération générale des entreprises de Côte d’Ivoire (CGECI) a présenté ce nouveau dispositif le mercredi 7 janvier à Abidjan, lors d’une session d’information réunissant entrepreneurs, experts et acteurs institutionnels. Selon Marthe Kouaho Traoré, membre de la Commission juridique et fiscale de la CGECI, ce régime offre aux start-up numériques labellisées des exonérations fiscales et des avantages financiers sur une période de trois ans. « Ces mesures permettent aux jeunes entreprises de consolider leur modèle économique, d’accéder plus facilement aux marchés publics et aux financements, et de soutenir leur montée en puissance sur l’ensemble du territoire national », a-t-elle expliqué. 


L’objectif affiché est de favoriser l’émergence de champions nationaux du numérique capables de s’imposer à l’échelle régionale et internationale. Le dispositif accorde une attention particulière aux start-up opérant en dehors de la zone franche de la Vallée de l’Innovation et de la Technologie de Grand-Bassam (VITIB). En ciblant ces entreprises, les autorités entendent garantir une répartition plus équitable des opportunités et éviter une concentration excessive des avantages dans certaines zones géographiques. Le label « Startup Numérique », délivré pour une durée pouvant aller jusqu’à cinq ans, constitue la clé d’accès à ces mesures. Les entreprises labellisées peuvent ainsi bénéficier des exonérations fiscales et des dispositifs d’accompagnement pendant trois ans à compter de l’année d’obtention du label, offrant une visibilité accrue et un cadre stable aux investisseurs.


Sur le plan fiscal, l’article 35 prévoit des avantages substantiels. Il inclut notamment l’exonération de l’impôt sur les bénéfices pour les entreprises soumises aux régimes réels d’imposition, ainsi que l’exonération de la cotisation forfaitaire pour les microentreprises. S’y ajoutent la suppression de la taxe sur les opérations bancaires et de l’impôt sur les revenus de créances liés aux intérêts des crédits contractés par les start-up labellisées. Ces mesures visent à alléger le poids des charges financières et à améliorer la trésorerie des jeunes pousses durant leurs premières années d’activité, souvent décisives pour leur survie.


Ce régime fiscal s’inscrit dans le prolongement de la Loi n° 2023-901 du 23 novembre 2023 portant promotion des start-up numériques. Ce texte fondateur a posé les bases d’un cadre juridique et fiscal incitatif, destiné à encourager l’innovation, la création d’emplois qualifiés et la transformation numérique de l’économie ivoirienne. Aujourd’hui, l’écosystème des startups en Côte d’Ivoire compte près de 300 entreprises actives, évoluant dans des secteurs stratégiques tels que la fintech, l’edtech, l’agritech ou encore l’intelligence artificielle. En renforçant l’appui institutionnel et en structurant des plateformes de soutien à l’innovation, le gouvernement ivoirien ambitionne de dynamiser durablement cet écosystème, de renforcer la compétitivité des acteurs locaux et de positionner le pays comme un hub numérique majeur en Afrique de l’Ouest.